Vitraux de l’église prieurale St Georges

Vitraux de l’église prieurale St Georges

Un bref clin d’oeil sur l’église prieurale de Saint Georges

Le cartulaire de l’Abbaye de Saint Cyprien la mentionne vers 1095 et la situe à l’intérieur de la Seigneurie de Vivonne. A la suite des invasions  l’église romane est complètement détruite. L’édifice est repris à la fin du XIIe siècle. Le chantier est  alors relativement long et évolue d’Ouest en Est. Le portail et la nef datent des années 1170-1180. Grâce aux dons de Jeanne Marchande, les travaux reprennent et se terminent par le clocher au sud 1260-1270.  L’édifice relève assez nettement du style angevin fortement implanté dans la région

L’entrée principale traditionnelle des églises est souvent du côté Ouest, ici le portail a un décor très simple combinant voussures simples brisées, encadrées par une dernière voussure à bâtons et festons. Au dessus, une belle fenêtre en arc brisé vient interrompre une rangée de modillons et laisse deviner un vitrail.

Aussitôt le portail franchi, l’espace des fidèles appelé nef, offre un bel ensemble d’architecture gothique suivi par  un transept Nord et un transept Sud supportant le clocher puis le chœur surélevé en abside à pans coupés.

Le regard doit se retourner vers le portail afin de découvrir, au dessus, le vitrail de Saint Paul  exécuté par Julien Fournier  de Tours 1879 et offert à l’occasion du mariage entre  les familles-donatrices Garnier de la Guérinière et de  Mascureau, célébré par Doyen  Barbot  curé de la paroisse (1876-1898) .

 

La révélation tardive de Paul, est symbolisée par un «volumen» et son martyre par l’épée. Né au premier siècle, juif et citoyen romain puis «apôtre des gentils» auprès des païens, il entreprend des voyages missionnaires, Chypre, Crète, Malte, Rome,Turquie. Saint Paul n’appartient pas au cercle des Douze, il est arrêté mais sa mort reste un mystère.

Nos pas nous conduisent dans la nef plus sombre, au-dessus de nos têtes une voûte recouvre l’église de style gothique à croisée d’ogives (en forme de X), les baies étroites sont en plein cintre, hautes et  décorées de médaillons eucharistiques, leurs exécutions ont été faites par le Maître Verrier Roger Desjardins Angers en 1930 et commandées par le  Doyen Hilaire Baudoin  curé de la paroisse (1924-1939) grâce aux dons des paroissiens.

 

Le calice,  à gauche, côté Nord, le vase sacré de la liturgie chrétienne, présente la forme d’une coupe évasée portée sur un pied élevé. Il est employé dans la célébration eucharistique pour la consécration du vin, devenant ainsi symboliquement le sang du Christ.

Le Saint Calice est la coupe partagée entre Jésus Christ et ses douze disciples au cours du repas de la Pâque Juive, la veille du jour où Jésus allait être livré aux Romains.

En France, le plus ancien est le calice de Grimfridus…..

Sa petite histoire : 

Ce vase sacré a été offert par le prêtre Grimfidus en mémoire de l’Evêque Chrodegang de Reims et secrétaire de Charles Martel à la bataille de Poitiers en 732. En laiton doré de la fin du VIIIe siècle, cette pièce d’orfèvrerie carolingienne est retrouvée  dans le trésor d’une collégiale en 1014 en Neustrie qui a, initialement comme capitale, Soissons. Cet objet votif destiné à perdurer la mémoire de Saint Chrogang tient sa longévité à la valeur sacrée qu’il a su garder pendant des siècles, devenant lui-même une relique.

Trois autres calices carolingiens sont apparus, le Talisson daté 777 Autriche, Peöhaza 780 Odenburg, Saint Ludger Westphalie 809.

 

La gerbe de blé et le raisin

A droite, côté Sud, ce thème rappelle les derniers instants «libres» de Jésus, lorsqu’il rompt le pain commun, verse le vin dans le calice et partage avec ses 12 disciples. Ces gestes sont institués lors de la Cène. Pour les communiants, cette sanctification intérieure opérée par l’Esprit Saint s’exprime dans la vie de l’Église comme unité. Dans la Bible, le vin et la vigne sont cités 443 fois….

Le pain eucharistique paraît dès le IIIe siècle sur les parois peintes des catacombes  de Saint Calixte à Rome, c’est un pain ordinaire puis, vers la fin du VIIe siècle le pain consacré est petit, propre et fabriqué spécialement sans levain avec des fers, en rondelles.

Le vin liturgique est un rituel très ancien chez les Grecs, les Romains, les Phéniciens, les Hébreux et sûrement d’autres pays méditerranéens.

Le vin et l’hostie symbolisent le corps et le sang du Christ, référence rituelle en mémoire du dernier repas de Jésus.

Un petit clin d’œil au Livre des Proverbes qui  rappelle :

« Le vin bu modérément est la joie du cœur et de l’âme »,   « Le vin bu avec sobriété est une seconde vie »,  

 « Le vin bu avec excès est l’amertume de l’âme ».

Le Pélican et ses trois petits

Un peu plus loin dans la nef, à gauche, côté Nord, le symbole chrétien de l’Amour du Père, l’Amour du Christ : le pélican prêt à s’ouvrir les entrailles pour nourrir ses enfants.

 

Ce symbole provient d’une légende au Moyen Âge ……

 

La véritable et belle renommée du pélican naîtra d’une histoire insérée dans le Physiologus (1), le premier des bestiaires chrétiens. Cette source rapporte, en effet, que les petits du pélican réclamant trop violemment leur nourriture à leurs parents, se virent tués d’un violent coup de bec. Trois jours après, pris de remords, ces parents indignes se déchirèrent alors la poitrine pour en arroser de leur sang les petits corps inertes et ces derniers retrouvèrent alors la vie… On dit que ce symbole tirerait son origine d’une pratique bien réellement constatée et qui fait de l’immense jabot de l’oiseau l’endroit même où la nourriture est régurgitée pour nourrir ses petits.

 

L’Agneau 

A gauche, côté Sud et toujours dans la nef, le vitrail de l’Agneau. Il tient une croix, la patte avant droite repliée, symbole du sacrifice du Christ, la  crucifixion.

Dans l’Ancien Testament, la tradition juive sacrifie l’agneau, victime innocente. Pour les Chrétiens, l’Agneau symbolise le Christ sacrifié pour racheter les péchés des hommes. L’agneau représente  les vertus d’innocence, de douceur et de bonté. Le jour de Pâques, les Chrétiens mangent de l’agneau, cette tradition perdure depuis des siècles.

Une magnifique représentation  des peintres et frères Van Eyck s’achève en 1432, un chef d’oeuvre mondialement reconnu, 18 panneaux du retable dépeignent des scènes bibliques et incluent les portraits du commanditaire Joos Vijd, son épouse Elisabeth Borluut et l’incontournable Agneau Mystique dans la Cathédrale Saint-Bavon à Gand dans les Flandres. Peints sur des panneaux en bois, l’Agneau de Dieu est entouré de fidèles alignés  les uns derrière les autres afin de pouvoir adorer l’Agneau. Une colombe illumine la scène des quatorze anges qui entourent l’Agneau.

Ce polyptyque déclenche à partir du XVe siècle une multiplication des représentations de l’Agneau.

Nos pas nous conduisent naturellement vers le transept Sud, dans le clocher et en hauteur ….

 

La Rosace 

Elle est composée d’un oculus central entouré par sept oculis plus petits (2). Le remplage annonce le milieu du XIIIe siècle, date probable de la construction du clocher visible actuellement.

Le vitrail : Sainte Anne et la Vierge Marie enfant sur ses genoux , exécuté par  les peintres-verriers Brière de Levallois en 1930

 

Les blasons (3)

Ce qui pouvait-être dit jusqu’à août 2021…. ce sont des blasons matrimoniaux

–  En haut : couple des parents, mari à gauche et épouse à droite

–  A gauche dans l’oculi : fils et son épouse

–  A droite dans l’oculi : fille et son époux 

 

Leurs origines sont retrouvées après d’opiniâtres recherches à partir de cette date pour enrichir les connaissances vivonnoises.

 

Monsieur le Comte et Madame la Comtesse Jehan Aymer de la Chevallerie et leurs enfants sont les donateurs pour l’exécution de cette rosace et tout naturellement les blasons respectifs.

Plusieurs cartons ont été proposés par les peintres-verriers Brière

projets refusés : rosace sur carton

 

 

 

Le troisième a été retenu et le carton conservé.

Voici le résultat d’un merveilleux travail de classement, d’inventaire et de recherche qui permet aujourd’hui de faire découvrir aux lecteurs le choc émotionnel, la beauté et l’étendue de cet art de couleur et de lumière.

Il faut poursuivre la visite et nous passons devant la croix de mission de l’Arceau, elle était placée au carrefour de l’Arceau appelé ainsi par la présence avant la Révolution, de la Chapelle et l’Aumônerie de l’Arceau, actuellement le Carrefour de l’avenue de Paris et l’avenue de Bellevue. Au moment de la Révolution, la plupart des croix étaient détruites, celle-ci fut sauvée par les paroissiens qui la cachèrent dans l’église et le nombre de petits cœurs de cuivre correspondent au nombre de paroissiens ayant participé au sauvetage.

Quelques marches et nous sommes dans le chœur surélevé en abside à pans coupés, à droite le premier vitrail.

A.Bessonnet  (1899-1924) et H.Baudoin (1924-1939) Curés doyens de Vivonne, demandent la création de cinq vitraux entre 1924 et 1930, ils choisissent  avec soin les thèmes.*

  • Saint Georges et le dragon, le Saint Patron de l’église prieurale.
  • Le Christ sur sa croix et deux soldats morts 1914-1918 en souvenir de la propre mobilisation d’H.Baudoin brancardier sur le champ de bataille, témoignage de la souffrance humaine
  • Le Gué de la Biche
  • Saint Joseph, gardien de la Sainte Famille
  • Le couronnement de Marie, Reine de l’Univers

La réalisation d’un vitrail, dans le transept Nord, de  la baie aveuglée aux 2/3 côté Ouest,  « Marie -Madeleine baignant les pieds du Christ » commandée, aux Ateliers Brière, est abandonnée (1939)

Saint Joseph

Saint Joseph par l’atelier verrier Roger Desjardins de Angers en 1921 dans le chœur au Sud à Droite.

En raison de son rôle dans l’histoire du Salut, St Joseph est un père qui a toujours été aimé par le peuple chrétien. Il est le patron de l’Église Universelle. Il a usé de l’autorité légale qui lui revenait sur la Sainte Famille pour lui faire un don total de soi, de sa vie, de son travail.  Figure extraordinaire, si proche de la condition humaine de chacun d’entre nous, la grandeur de St Joseph consiste dans le fait qu’il a été l’époux de Marie et le père adoptif de Jésus.

Ici Saint Joseph est représenté en charpentier, hache, établi et scie. Le tour du vitrail est fleuri par des roses blanches, symbole floral de Marie .

 

Le Christianisme Oriental rejette dans un premier temps ce symbole païen  attaché à Vénus.  Au XIe siècle, le Pape Léon IX bénit la Rose qui devient l’emblème de la fidélité à l’Église ; la rose prend toute la symbolique dans la religion catholique et pour Bernard de Clairvaux, elle est la représentation de la Vierge Marie.

Le Christ sur la Croix et la guerre 1914-1918

de Lux Fournier  peintre-verrier Tours, 1923-1924.

Le sujet a été pensé particulièrement par Hilaire Baudoin en complicité avec le peintre-verrier.

Ce qui peut être vu …….

Au sol, sur le champ ravagé par la guerre, gisent deux soldats morts, spectacle de désolation.

Le Christ, la tête inclinée vers la droite, crucifié revêtu d’un périzonium (pagne) sur la Croix, deux anges s’approchent.

Celui à sa droite semble récupérer le mélange de sang et d’eau issu du côté transpercé, selon le texte de Jean, le sang étant l’Eucharistie et l’eau le Baptême. Ses ailes sont déployées prêtes à s’envoler pour répandre le message de l’enseignement de Jésus.

Ce qui peut être compris…..

La fonction symbolique de ce jet est d’ailleurs d’autant plus évidente que Jean affirme que Jésus était mort avant le coup de lance. Par erreur, Longin le Centurion perçant le côté droit du Christ, a mis en lumière, l’ordre qui est du côté «droit», et donc le divin, le raisonnable mais aussi ce par quoi les choses se révèlent. Celui à sa gauche, ses ailes sont repliées et prie longuement. Le côté «gauche»  est «sinister en latin», aux sens original et dérivé, caché, douteux, redoutable. Ces deux éléments sont essentiels, car ils sont retrouvés durant toute une période plus ou moins longue dans la tradition orientale ou occidentale, mais suffisamment longue pour  marquer l’iconographie de leur influence.

 

Ce qui peut être conclu ……

Au dessus la colombe du Saint Esprit et de la Paix et enfin la scène se termine par l’image du Christ en Majesté,représentation du corps complet du Christ, assis tenant un globe terrestre dans sa main gauche et  les deux doigts de la main droite, tendus symbolisant la double nature humaine et divine du Christ et les trois autres joints figurant la Trinité.

 

Cette interprétation est tout à fait personnelle,  chacun et chacune peuvent avoir une lecture différente.

Saint Georges et le dragon de Lux Fournier peintre-verrier Tours (1921~ 1924)

« Tradition qui se retrouve dans d’autres contrées…. La légende de Saint Georges arrivant à Vivonne, au grand galop sur son cheval de la route de Château-Larcher, stoppa brutalement au-dessus des coteaux de Fonrable et le cheval prenant un prodigieux élan, atterrit dans la vallée, proche de la Vonne, du Clain et du Palais où l’église, placée sous son vocable, fut alors construite. De ses sabots, le cheval marqua des dalles de pierre en haut de l’ancien chemin qui raccourcit et évite le tournant de Jorigny.

L’image du paganisme, Saint Georges qui écrase  le dragon.»

La représentation de cette scène délivre un message universel aux Chrétiens, la lutte éternelle du bien et du mal et le chemin consolidé par la foi chrétienne proposent le modèle à suivre tout le long d’une vie terrestre.

Les origines : Georges de Lydda était un soldat romain chrétien, fin IIIe siècle. La légende raconte qu’un jour, sur son cheval blanc, il arrive dans la ville de Silène (province en Lybie). La cité vit dans la terreur car un dragon dévore tous les animaux de la région et exige un tribut complémentaire de deux jeunes gens, à tous les habitants chaque jour, tirés au sort. Le jour de son arrivée, le hasard tombe sur la fille du Roi. Georges décide de la sauver, il saute sur sa monture,il se signe de la croix,  il se munit d’une lance et engage un combat. Le dragon s’avance vers lui, avec sa lance lui transperce le cœur. Saint Georges est le vainqueur du mal.

 

Le gué de la biche de Lux Fournier 1923-1924

«La légende est tenace…  507 Alaric II roi des Wisigoths (arien) part de PIETAVI (pas encore Poitiers) qu’il possède depuis 419 (en 419, le nom était encore Limonum) pour aller au devant de Clovis roi des Francs. Clovis aperçoit un globe de feu au-dessus du clocher de Saint Hilaire (alors petite église précédent celle actuelle ) et présage de sa victoire…… et le matin du 26 juin, les deux armées à …….Voulon ? Vouillé ? Ou plus près de Vivonne ?  Au bord du Clain ? Que CLOVIS aurait pu traverser par un gué guidé par une biche.

 

La légende ajoute que  Alaric II tué, son cercueil en pierre ? En or massif ? Aurait été déposé dans le Clain ou à côté du Clain dévié à cet effet ! Sous une motte….. Un familier du Clain, au pied du camp de Sicard, racontait, il y a 70, 80 ans …. avoir vu ce cercueil sous les eaux. * 

La localisation de la bataille de Vouillé est   controversée par de nombreux historiens.

Après avoir descendu quelques marches, le transept Nord apparaît. Trois vitraux éclairent doucement le lieu.

Le Couronnement de Marie de l’Atelier Brière peintre verrier Levallois-Perret 1931

 

Marie Reine de l’Univers

Dans le Ciel apparut une femme lumineuse dans un grand manteau et sur la tête, une couronne de douze étoiles, est posée par son fils Jésus Christ .

Les paroles de l’Archange Gabriel reviennent: «Tu enfanteras d’un Fils, tu lui donneras le nom de Jésus, le seigneur Dieu lui donnera le trône de David et son règne ne connaît pas de fin ».

Jésus est Roi et Marie est Reine.

Notre regard se dirige vers un deuxième vitrail

 

La Vierge Marie offre le Rosaire à Dominique de Julien Fournier peintre verrier de Tours en 1897. Son identité est révélée par sa tonsure et son habit, tunique blanche, chape et capuche noires (ici bleu très foncé), le scapulaire ne paraît pas, pièce maîtresse du vêtement des Dominicains, l’identification de Saint Dominique est confirmée à ce jour.

Trois lys posés sur la première margelle royale évoquant la Sainte Trinité ainsi que trois angelots, le règne est sur la Terre comme au Ciel. A gauche, un monument architectural rappelle le côté Sud de l’église prieurale Saint Georges, le fond de verdure est flouté et vallonné.

Dominique donna l’impulsion évangélisatrice du Rosaire relayé à travers le temps par les religieux de son Ordre issus de ce culte marial et la  prière universelle de l’Église fin XIIe début XIIIe.

 

Histoire de l’apparition : Une nuit, Dominique prie longuement dans l’église déserte, trois Dames s’approchent doucement, la plus digne lui tend un aspersoir et le bénit. Prosterné devant elle, Dominique lui demande son nom «Je suis celle que vous invoquez chaque soir et je me prosterne devant mon Fils pour la conservation de cet ordre» Dominique confie son ordre à la Vierge Marie.

Les Dominicains sont tous des Chanoines.

Le Rosaire, ce nom rappelle la couronne de roses de la Vierge Marie. Ces fleurs sont chacune des prières du croyant et Dominique a la mission de répandre à profusion le chapelet. Dès cette époque XIIe, le chant du Salve Regina marque la fin de la journée des Dominicains.

La visite se poursuit par une troisiéme verrière

 

Réalisation faite par les peintre-verrier Brière, plusieurs projets avaient été proposés et un seul carton est  retenu:

Les différents projets « Marie -Madeleine baignant les pieds du Christ » sont abandonnés, à la faveur du carton numéro 8 choisi pour apporter de la lumière aux vitraux du transept Nord mais aussi les deux vitraux du transept Sud à gauche et à droite de la rosace.

Avis aux lecteurs : cette visite virtuelle vous donnera peut être l’effet espéré d’une promenade dans notre église St Georges avec un regard averti, seul ou au cours d’une visite commentée. « Et la lumière fut »…Nous lui devons tellement de beauté et de secrets à découvrir!

Chantal Quéron

Les Peintres- Verriers ou Vitraillistes intervenus  dans l’Église Saint-Georges

Peintre-verrier Eugène Brière est installé à Levallois Perret depuis 1896, puis Émile, Michel, Silvie ont pendant plus d’un siècle embelli par le vitrail de belles demeures privées et des édifices publics.

C’est dans cet atelier sont conçus notamment les coupoles des magasins du Printemps à Paris, les vitraux de l’église Saint Maximin de Metz sur les dessins de Jean Cocteau et, entre-autres, plusieurs vitraux à l’église Saint Georges dont la rosace.

Lors de la fermeture de l’atelier à la fin de l’année 2005, la famille Brière confie ses archives et un exceptionnel ensemble graphique, témoins de la mémoire d’une famille et d’un métier, véritable miroir d’une époque au département des Hauts de Seine.

 

Julien et Lux Fournier, peintres-verriers

L’atelier Fournier a assuré la continuité à travers différentes générations,  le père Julien créateur de l’atelier en 1873, puis le fils Lux jusqu’en 1962.
En 2008, la Ville de Tours a bénéficié d’un don exceptionnel de cartons de vitraux et d’outils provenant de l’atelier Fournier. Parmi cette collection inédite de 88 dessins, on retrouve les signatures de Julien Fournier, de son associé Amand Clément et de son fils Lux Fournier. La richesse et la diversité des images, qui constituent ce fond, illustrent aujourd’hui les évolutions esthétiques et techniques de l’art du vitrail, mais également celles qui ont singulièrement marqué l’art sacré au cours du XIXe et XXe siècle.
C’est un siècle de création verrière à Tours et d’exploration du travail de trois générations d’artistes, de « maîtres verriers-artisans », comme aimait à se définir Lux Fournier.

 

Roger Desjardins maître peintre-verrier installé à Angers en 1923.

Annexes :

1- Le Physiologus est bestiaire chrétien apparaissant au IIe et IVe ayant une influence importante pendant le Moyen Age singe, pélican, éléphant, chameau, crocodile, lion, cerf, ours, aigle  mais aussi basilic, phénix, licorne, griffon, sirène …..

 

2- Les 7 oculis  représentent  les 7 pétales de la Rosace, 7 vertus appelés Septaire :

          . Les 3 vertus théologales : Foi, Espérance, Charité.

          .  Les 4 vertus cardinales : Prudence, Tempérance, Justice, Force

 

3- 1697, Louis XIV oblige la déclaration des blasons pour les répertorier et les imposer, il a ouvert aux ecclésiastiques, aux corporations, aux propriétaires la possibilité de les acquérir pour remplir les caisses pour les guerres…. Afin d’augmenter les revenus, les différents groupes ne demandant pas un blason, sont sanctionnés et un blason leur est imposé comme par exemple, le Prieuré Sainte Florence à Comblé de Celle l’Evescault, se voit attribuer un « colombier avec une tête de colombe sortant du mur » confusion reconnue avec le lieu « Comblé »*

En 1920, le répertoire est fermé…. trop de blasons ! »

4. »En 1924, suite au décès de Georges Merklen, Roger Desjardins maître peintre verrier, achète l’Atelier Léon Payant à Angers.  Repris en 1934 par Maurice Bordereau, L’Atelier ferme définitivement quelques années plus tard.

Beaucoup d ateliers de peintres verriers ont vécu très difficilement la séparation de l’Église et de l’État en 1905 réduisant les commandes et les activités liées à l’Art Religieux. Les fermetures progressives se ressentent encore aujourd’hui au XXIe siècle. »

 

Recherches et textes effectués par Chantal Quéron

Photographies de Élise Quéron

 

*Avec la  merveilleuse transmission orale de Jean Bouchet  historien : Clovis juin 2021, La déclaration des blasons sous Louis XIV juillet 2021

 

Sources

 

   DRAC Poitiers

  « Les objets du Sacré » Marc Déceneux 2000

  «Le bestiaire de la Bible» Richard Durand 1994

   Le Grand Encyclopédie Larousse 1977

  « L’agneau mystique » Peter Schmit 1995

  Archives Départementales des Hauts de Seine

   Centre de Théologie Poitiers

  « Les Saints » Sylvie Bee Suzuki 2019

  Cette histoire de Saint Georges est adaptée en 1265-1266 par Jacques de Voragine dans la Légende Dorée pour les chrétiens d’Occident, parution 2020

 « Les temps bibliques » Amanda O’Neill

  Olivier Genest Fournier et & 2016 « Un siècle de création verrière à Tours »

  « Évangile de Saint Jean »

  «Abbé Régnaud »Le rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie »édité en 1886

« Une dynastie de peintres-verriers, les Brière à Levallois-Perret »AD des Hauts de Seine

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